fbpx
Fin de l'édition spéciale Confiner ensemble,
rendez-vous sur mouvement-up.fr pour suivre toute l'information de solutions.
Crédit : Claude Gassian Flammarion

François Saltiel : “Notre rapport à l’autre est altéré par les nouvelles technologies”

Télétravail, achats via internet, distanciation physique… En raison de l’épidémie de Covid-19, l’année 2020 aura clairement été l’année du sans contact. Privés de liens sociaux physiques, nous prenons conscience de leur importance pour notre bien-être. Pour le journaliste de l’émission 28 minutes sur Arte, François Saltiel, auteur de La Société du sans contact, ouvrage publié aux éditions Flammarion, il est urgent de prendre soin de ces liens, à l’heure où les nouvelles technologies nous divisent davantage qu’elles nous rassemblent. Entretien.

Bien avant la crise sanitaire, le couvre-feu et les confinements, vous sembliez déjà inquiets de la qualité de nos liens dans notre société hyperconnectée. Pourquoi ?

Le désir très humain de partager des conversations et des échanges physiques est fortement concurrencé par de multiples distractions. Rappelez-vous combien de personnes, les yeux rivés sur leurs écrans de smartphone, avez-vous croisé dans des trains, des cafés, des parcs, et rappelez-vous avec combien d’entre elles vous avez conversé. Notre rapport à l’autre est devenu clairement altéré par la présence des nouvelles technologies dans nos vies, qui tient de plus en plus notre humanité à distance. Nous sommes devenus dépendants des likes sur nos réseaux sociaux, car ils ont été conçus pour nous envoyer la dopamine dont notre cerveau a besoin. Nous vivons dans une société où l’hyperconnexion suscite paradoxalement un sentiment de solitude, où la relation physique et charnelle est remplacée par le mirage du virtuel. C’est valable pour les sites de rencontres amoureuses ou pour les achats en ligne via Amazon par exemple, vous ne voyez plus des personnes en chair et en os.

Pourquoi faut-il être vigilant selon vous, face à l’essor des services à distance ?

Télémédecine, télétravail ou cours en ligne ne peuvent être que des solutions temporaires mais ne doivent pas se transformer en habitudes. La machine à café, la salle de cours, le cabinet du médecin, la librairie restent des lieux de sociabilité. Le virtuel ne remplacera jamais cet échange physique qui fait notre humanité. Les citoyens du monde sont de plus en plus considérés, depuis l’influence grandissante des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft ) comme des données à exploiter. Nos vies, nos goûts, nos rêves, sont décortiqués par des algorithmes. Prendre conscience de tout cela permet de peu à peu sortir de la matrice pour revenir au réel, au hasard, et pour reprendre le pouvoir sur nos vies.

Comment reprendre le pouvoir du coup ?
Les résistants à une société du sans contact souhaitent construire une société plus humaine et solidaire. On peut commencer par rediriger notre attention sur ceux qui comptent vraiment pour nous : nos proches, nos voisins, nos collègues. Nourrir des liens demande plus d’énergie, qu’un simple like sur une photo. Les entreprises du numérique sont devenues ultra-puissantes, et certains réseaux sont devenus des monstres difficiles à réguler, même par leurs créateurs. Facebook compte 2,7 milliards d’utilisateurs ! En partant à la reconquête de notre liberté d’attention, en osant ralentir, et en prenant du recul sur le fonctionnement des réseaux sociaux, nous pouvons espérer créer une société plus ouverte et moins clivée qu’aujourd’hui.

Livre de François Saltiel, la société du sans contact

À lire : La société du sans contact

De François Saltiel Éditions Flammarion

Prix : 18 euros.

La première des réactions à ce nouveau confinement : “on l’a déjà fait, on a pris l’habitude, ça va être plus simple !” et puis quand ce nouveau rythme s’impose le 30 octobre, des sensations désagréables se font de nouveau ressentir.

On va être honnête, le premier #restonschezsoi a été subi comme une gifle arrivée de nulle part avec le contre-coup en prime. Nous étions tous partis pour ranger la moindre parcelle de nos maisons, enfin nous lancer dans l’écriture du livre tant réfléchi entre deux rames de métro, nous reconnecter avec la nature … nous avons plutôt battu des records de temps passé devant nos écrans, on a frôlé le débordement avec les enfants à côté, engager des danses endiablées dans le salon pour invoquer les dieux de la levée du couvre-feu et avons tous eu un bilan très mitigé de cette période fantasmée comme mise au ralenti.

Et si pour les prochaines semaines, on se confinait mais en mieux ?

MOUVEMENT UP bouscule sa ligne éditoriale pour une édition spéciale “ confiner ensemble” pour faire, de cet épisode 2 du confinement, une période un peu plus nourrissante, un peu moins imposée.

Avec notre partenaire KISSKISSBANKBANK nous vous proposons de nous confiner ensemble et de nous retrouver quotidiennement sur le site www.confinerensemble.fr et sur nos réseaux sociaux pour partager ensemble sur cette période et nous entraider. Notre crédo “nous sommes une équipe : on part ensemble on rentre ensemble” et on n’oublie personne sur le bord du chemin. Petits coups de fatigue, moments de doute, envies de changer de job, de vie, de manière de voir, on va tout traiter. Nous n’allons juste pas nous occuper de nos affaires de cœur … quoi que nous ayons quelques idées là-dessus…

Nous vous fournirons des clés de compréhension et une boite à outils pour que vous puissiez analyser cette actualité complexe en l’éclairant des solutions proposées par ceux qui contribuent à un mieux vivre ensemble et avec la planète : les acteurs du changement.

Nous vous suggèrerons aussi des idées pour apaiser ces sources d’inquiétudes et de questionnements qui peuvent nous traverser. Nous serons aussi force de solutions pour confiner solo, à plusieurs, en famille sans déclaration de guerre à la fin de cette cohabitation imposée.

Notre ambition : rendre cette période féconde à des partages d’expériences et des moments d’inspiration pour préparer la sortie, non pas dans le monde d’après mais celui de maintenant mais en mieux !

La même mais en mieux, vous êtes d’accord ?

MOUVEMENT UP en collaboration avec KISSKISSBANKBANK

Plus d'articles
Bertrand Piccard
Bertrand Piccard : la crise nous réveille